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Sassoum Niang, Country Manager de jumia.sn dans Actu'Elle magazine


Dakar, Sénégal: 14 Novembre 2014.

Sassoum Niang est à la tête du plus grand centre de vente en ligne au Sénégal, jumia.sn, crée en mars dernier, à Dakar. Cette jeune femme dynamique de 37 ans est née à Paris, de parents sénégalais. Un an après sa naissance, sa famille revient s'installer au Sénégal. Sa mère travaille pour la BCEAO qui vient alors de transférer son siège à Dakar. Sassoum est scolarisée à l'école française jusqu'à l'âge de 9 ans puis, sa mère étant au Fond Monétaire International, part aux Etats Unis. Là, après avoir suivi le lycée français jusqu'en 5ème, Sassoum entre au lycée américain. Elle revient en France et s'inscrit dans une université américaine à Paris, en section communication marketing, avec une option philosophie et littérature. Parfaitement bilingue, munie d'une solide expérience professionnelle, Sassoum Niang a récemment décidé de venir participer au développement du Sénégal.

Actu'elle : Vous avez une formation particulière… Marketing et Philosophie, c'est assez rare !

Sassoum Niang : J'ai choisi communication et marketing parce que cela me donnait la possibilité d'aller où je voulais. Tout type de société, ou même moi, si je veux créer une entreprise, en a besoin. Philosophie et littérature, parce que j'aime beaucoup lire. Ma mère cachait mes livres quand j'étais adolescente parce que je lisais trop ! Et aussi, d'aussi longtemps que je me souvienne, j'ai toujours eu une nécessité d'abstraction (?)

A : Est-ce important en marketing, ces capacités d'analyse et d'abstraction ?

S.N : Oui, analyser et prendre du recul, regarder les choses dans leur ensemble est important. Pour pouvoir faire du détail il faut comprendre l'ensemble. Cela permet de garder en tête que c'est important d'aimer ce que l'on fait mais que ce n'est pas essentiel. Parfois j'ai du mal à oublier ça ! Il paraît que je travaille trop ! (rires)

A : Quelle a été votre première expérience professionnelle ?

S.N : Comme j'avais validé mon diplôme avec un stage dans une société de production audiovisuelle, j'ai commencé en production, dans cette société qui m'a embauché dès que je suis sortie de la fac. J'y ai travaillé un an, ensuite je suis entrée dans une société de publicité, qui a été rachetée par un groupe. Du coup je suis partie. Je n'aime pas trop les grands groupes. On y travaille dans une logique où on se perd, on devient un numéro, noyé dans la masse.

A : Vous préférez les entreprises à taille humaine ?

S.N : Oui ! C'est différent. L'individu peut mieux s'exprimer, on peut essayer plus de choses, on a plus de possibilités de faire des choses dans des PME. On est plus motivé par la passion, et en général il y a moins de coups bas, ce n'est pas la même manière de fonctionner, parce que tout le monde a besoin de l'autre. Chaque poste est nécessaire et chaque poste a besoin de l'autre. Du coup on a moins tendance à voir cette agressivité qu'on retrouve dans les grandes entreprises .

A : Avec Jumia, comment fonctionnez-vous ?

S.N : C'est l'avantage d'avoir sa propre société sans les inconvénients. Je suis « country manager ». C'est-à-dire que je gère la société « en autarcie », mais on a l'appui du savoir d'autres personnes qui font exactement la même chose au même moment dans le monde. Au début j'étais seule, maintenant nous sommes 15 à travailler pour Jumia au Sénégal. Sur le plan logistique, technique, des parties assez difficiles à mettre en place sont centralisées. C'est vraiment tous les avantages de l'entrepreunariat sans les inconvénients qui font que parfois on perd vite courage ! En Afrique, le premier Jumia a été créé au Nigéria. Les entrepreneurs choisis sont des gens qui ont soit une expérience de gestion d'entreprise ou des projets indépendants. En l'occurrence j'ai été directrice de production. C'est comme gérer une entreprise ! La production audiovisuelle, c'est gérer une entreprise pendant le temps que dure un tournage. On a les mêmes contraintes, les mêmes problèmes. Il faut avoir la logique d'un entrepreneur pour pouvoir faire ça.

A : Comment adaptez-vous le système de vente en ligne au marché local ?

S.N : Prendre en compte le marché local, c'est la logique d'Africa Internet Group, l'investisseur principal de Jumia. Par exemple, on ne paye pas sur internet, mais à la livraison. Si la livraison n'est pas conforme à la demande, on la change et on ne paye qu'une fois la commande satisfaite. Il faut aussi savoir qu'au Sénégal, l'économie informelle est basée sur l'entrepreneuriat. Beaucoup sont salariés et patrons à la fois, et ont du mal à s'en sortir aux vues des investissements nécessaires, louer une boutique etc. Le fait d'avoir un site comme Jumia permet d'avoir un magasin sans en avoir ces contraintes. Cela simplifie les choses. On a aussi une logique d'accompagnement de l'informel vers le formel. Nous faisons profiter nos clients de nos acquis, de nos conseils. Mon rêve serait qu'un marchand ambulant devienne millionnaire en vendant sur Jumia ! Tout au début, nous avons eu un marchand ambulant qui a fait plus d'un million de vente, mais il n'était pas encore prêt, il n'a pas pu suivre. C'est possible, il suffit juste d'avoir un endroit où stocker sa marchandise. Nous faisons les photos, eux aussi peuvent le faire. On leur apprend à le faire. L'idée c'est qu'ils puissent le faire eux mêmes quand ils ont un nouveau produit. On est là pour les accompagner, et non pour faire à leur place. Nous avons aussi des grandes enseignes comme Promo Import, Guess, Celio, Class Boutique… Pour les livraisons, nous nous en occupons aussi grâce à un partenaire. Nous livrons n'importe où dans le pays. Mais s'ils le veulent, les vendeurs peuvent faire eux-mêmes leur livraison aussi. Ils ne leur reste plus qu'à gérer leurs stocks, être réactifs aux questions des clients. Nous cherchons aussi à travailler avec des grossistes pour que sur Jumia, on puisse trouver de « bons deals ». On encourage les gens à proposer de bons prix. Car finalement, pour faire beaucoup de volume, en rendement, c'est plus incitatif. On parle à 2 millions de personnes, qui vont sur internet ici. Si ne serait-ce que 1 ou 2% achète, c'est de toute façon plus que le nombre de clients qui passent dans une boutique ! Il faut donc avoir une logique de prix moins chers. Par exemple, on a en ce moment une tablette qui se vend à 60 exemplaires par jour ! Elle est vendue à 30 000 F cfa de moins qu'en magasin. Pour arriver à cela, on convainc aussi directement des distributeurs comme Nokia, de venir sur le site.

A : Quelle sont vos perspectives d'avenir ?

SN : L'Afrique a un taux de croissance de 6% ! C'est l'un des meilleurs au monde. 800 milliards de dollars de transactions en Afrique l'année dernière. Au Sénégal, on a énormément d'investisseurs étrangers. A partir de la génération de nos parents, il y a beaucoup de sénégalais qui sont revenus aussi investir, travailler ici. Notre génération est décidée à rentrer, à faire des choses concrètes. On ne peut pas se plaindre de l'économie de nos pays et ne rien faire, rester en France, venir ici en vacances, dépenser, n'aider l'économie que comme cela ! Cette génération de trentenaires qui revient, ce ne sont pas des gens qui n'arrivent pas à travailler ailleurs. Ce n'est pas logique. On ne peut pas ne pas faire comme tous les autres pays du monde. L'économie d'un pays c'est les gens, ce n'est pas l'état. Ce sont les personnes qui créent les entreprises. Pas l'état. Et si on veut endiguer l'hémorragie migratoire, on ne peut faire que ça. Avant, on avait des idées un peu trop énormes, compliquées à mettre en place. Maintenant on simplifie les choses, on s'adapte et on fait étape par étape. Il est nécessaire d'abord de gagner la confiance des gens, avant de passer à l'étape suivante. Il faudrait maintenant que l'on ait des usines de transformation, que l'on importe moins. Aller vers l'autosuffisance alimentaire. On y croit tous ! On est obligé d'y croire de toute façon (rires). Il se passe tellement de choses ici en plus ! Dans tous les domaines. Créatifs, artistiques, musique, et j'adore cela !

A : Est-ce que vous avez parfois envie de donner plus de place à votre vie privée pour fonder une famille ?

SN : Pour l'instant je suis très heureuse. J'ai le plus grand luxe à l'heure actuelle, de choisir, de faire ce que je veux faire. Je me consacre aux choses que je contrôle. Je ne contrôle pas quand ni comment je rencontrerais la personne avec qui je ferais ma vie. Ce jour-là, je ferais de la place ! Mais en attendant, je n'y pense pas. Ce n'est peut être pas bien ! Quand j'ai été en couple on m'a souvent reproché d'être trop indépendante. Je suis trop occupée pour me demander ce que fait mon conjoint quand je ne suis pas avec lui ! A la fin de la journée, oui, mais pendant, j'ai trop de choses à faire, à penser ! La plupart des hommes disent qu'ils ne veulent pas de femmes jalouses, mais c'est ce qu'ils veulent en fait. Imaginez quand je partais trois mois en tournage, si je devais me demander tous les jours ce que faisait mon compagnon ! Je crois que la personne avec qui je ferais ma vie m'acceptera comme ça.

Lectures

Je suis en train de lire trois livres en même temps ! Un essai, The Master game de De Rupp: la vie serait un jeu, tout le monde doit choisir un jeu, et ceux qui ne participent pas au jeu ne vivent pas. En même temps je lis des romans à l'eau de rose, pour me vider la tête, et je relis Nietzsche.

Cinéma

Luc Besson est mon réalisateur favoris, Léon mon film préféré de tous les temps. Mais son dernier film, Lucy, est un peu superficiel.

Musique

Nina Simone. Une guerrière un peu folle ! Il parait qu'elle était exécrable avec son entourage, mais je l'adore ! Du jazz, du hip-hop, la musique sénégalaise des années 80, ça me rappelle mon enfance.

Conseil aux lectrices

Ne faites pas comme moi, ne travaillez pas trop, tout le temps ! Sachez que ce n'est pas une contrainte d'être une femme. De toute façon ça ne changera jamais, le fait d'être femme. Si je me dis que les contraintes que j'ai sont les mêmes que celles d'un homme, je trouverais des solutions et je les surpasserais systématiquement. C'est une question de confiance. On a les mêmes capacités, on fait juste les choses différemment. Je fais aussi les choses parfois dans la force, mais jamais dans l'agressivité ! Le plafond de verre au niveau des salaires existe, mais c'est parce que les femmes ont tendance à être trop raisonnables dans leurs demandes de rémunération. A capacité et poste égaux , elles demandent 30% de moins ! Une femme va demander ce qu'elle pense être juste par rapport à ses capacités. Un homme va demander par rapport à ce qu'il pense valoir ! Ce n'est pas du tout la même chose !

A propos de Jumia

Jumia est une communauté de shopping en ligne dont l'objectif principal est de faciliter la mise en relation entre acheteurs et vendeurs. La plateforme offre un environnement de vente en ligne permettant aux vendeurs de vendre davantage et aux acheteurs d'acheter mieux. Smartphones, ordinateurs, articles de mode, accessoires ou produits électroménagers, toutes les bonnes affaires aux prix les plus bas sont garanties. Rendez-vous sur Jumia pour profiter de nombreuses offres et pour toujours plus de bons plans ! Visitez Jumia Senegal pour explorer nos offres.

A propos d'AIH

Jumia a été fondé par Africa Internet Group (AIG) réputé pour l'ouverture accélérée de marché E-commerce dans des pays émergents. De francs succès sont déjà à son actif, notamment sur le continent Africain. Parmi les plus connus: Jumia, Zando, Jumia, Hellofood, Lamudi, Carmudi, Jovago, Lendico et Easy Taxi. Vous trouverez de plus amples informations sur le site d'African Internet Holding.


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